Mad in france

Finalement, je me sens plus léger. Fini de regarder les étiquettes pour savoir si le produit est fabriqué où, fini les pourboires, fini l’honnêteté fiscale, à bas la préférence nationale idiote, le politiquement correct. Replis sur soi en ordre dispersé, je ne veux pas voir qu’une tête.

Ma copine Céline m’encourage à l’apaisement, puisque je ne peux rien faire. Elle a raison, et je suis calme, mais je démissionne de mon esprit de solidarité sociale. Je suis anéanti, et serein. Mon cher journal, tu es le dernier à qui je confie ma déconfiture.

Lettre à Léa

J’ai dû couper notre conversation, pardon, je ne peux pas argumenter quand je suis surpris

Donc le gouvernement, maintenant en déroute, avait le projet de privatiser la sncf !

Je me souviens de la première attaque, les « cars macron ». Alors simple ministre, le président avait autorisé la mise en circulation de bus inter-départementaux,  brisant ainsi un premier monopole de notre chère compagnie.

La mise en concurrence par des sociétés étrangères, qui proposent dès à présent des billets pour Madrid ou Milan en est une autre. Construisons une Europe d’accord, mais une Europe française !

Le train est un service public après tout, en tous cas sous tutelle de l’état. Peut-être un peu élitiste, mais à la pointe des avancées sociales, retraite à 60 ans (grace à un mécanisme récent de préretraite), compensations de pénibilité généralisées, large prise en compte des justes revendications.

Et proportionnellement, je pense que le billet de train coûte moins cher à l’état, que le billet d’avion Air France.

D’ailleurs, je ne comprends pas que le public continue d’acheter des voitures individuelles. Les dysfonctionnements sont donc si gênants pour lui ? Le public n’est pas mur pour la concurrence sur les lignes, ni pour le multipartisme, qui fait de la concurrence déloyale à notre ligne politique.

Comme tu le vois, je suis quasiment d’accord avec ta vision du train en France. Mais je continue de penser qu’il vaut mieux qu’on n’aborde pas le sujet.

Jean Jacques

JJ est déçu de mon scepticisme. Lui qui a lu le programme de la gauche, il est confiant, et comme mon curé, il m’engage à me plonger dans la saine lecture. Comme je lui pose le problème des chiffres, il m’avoue ne pas avoir regardé ce détail, mais qu’il fait confiance à la validation des créateurs du projet.

La gauche n’est certes pas extrême quand elle s’observe par le biais de ses objectifs (à part du point de vue des 8% de super payeurs mais bon, on ne fait pas de révolution sans casser d’ œufs). Mais si le moyen passe par la sortie de l’Europe (de notre pays, ou des autres contributeurs), ou si le moindre grain de sable grippe la belle machine intellectuelle, il faudra en passer par un durcissement plus ou moins temporaire je crois.

JJ m’assure que la position stalinienne de sa vieille maman était romantique. Oui, je le crois, comme celui de 3/4 des électeurs hier. Les chiffres et les détails ne font pas bon ménage avec le romantisme. Sa définition du capitalisme est romantique elle aussi. Voilà un ennemi dont on ne pourra pas facilement se passer.

La bourse fait un bond ce matin, c’est bien la preuve que le capital est d’extrême droite ! (Certainement pas que les chiffres du front popu sont fous à faire passer le fn pour un expert en économie)